Pourquoi un bruit surgissant dans une maison isolee, la nuit, nous fait-il sursauter alors que pendant la journee, nous ne le remarquons meme pas?

Pourquoi un bruit surgissant dans une maison isolee, la nuit, nous fait-il sursauter alors que pendant la journee, nous ne le remarquons meme pas?

Pourquoi certaines personnes developpent-elles la phobie des araignees, de l’avion ou des foules? Que se passe-t-il dans notre cerveau quand nous avons peur? Une equipe de l’UNIL a elucide certains des mecanismes neurobiologiques a la base de cette emotion, ouvrant ainsi de nouvelles pistes pour traiter l’anxiete.

Soudain, au detour d’un chemin, nous nous trouvons face a un serpent qui nous parait dangereux. Aussitot, nous restons figes par l’effroi. Puis nous evaluons la situation et reagissons, en prenant nos jambes a notre cou ou en faisant du bruit pour faire fuir l’animal menacant. Nous avons eu une sacree frayeur. Un sentiment tout a fait normal. «La peur est un signal d’alerte qui nous informe d’un eventuel danger dans notre environnement», constate Ron Stoop, professeur associe a la Faculte de biologie et de medecine de l’UNIL. En ce sens, elle est indispensable a la survie de notre espece», poursuit le responsable de l’unite de recherche sur la neurobiologie de l’anxiete et de la peur du Centre de neurosciences psychiatriques (rattache au CHUV, a l’UNIL et a l’EPFL).

L’amygdale, une centrale d’alerte

Que se passe-t-il dans notre cerveau quand nous avons peur? Au centre du processus se trouvent les amygdales. Il s’agit de «petites structures cerebrales en forme d’amande – https://datingmentor.org/fr/sites-de-rencontre-chinois/ ce qui leur a valu leur nom car en grec, amugdale signifie “amande”, rappelle Ron Stoop. Elles sont situees devant les oreilles, dans les deux lobes temporaux qui sont des centres d’integration des differents types de memoire chez l’etre humain.» Elles se trouvent aussi juste devant l’hippocampe, «qui joue un role important dans tous les aspects emotionnels de la memoire, dont la peur».

C’est pourquoi les amygdales ont parfois ete qualifiees de «noyaux de la peur». En fait, elles ont d’autres fonctions – notamment dans la douleur – et le neurobiologiste prefere les qualifier de «centrales d’alerte de la peur». Elles interviennent, explique-t-il, «lorsqu’une situation inattendue survient, qu’il s’agisse d’un evenement positif, donc heureux, ou au contraire menacant».

Ron Stoop. Professeur associe a la Faculte de biologie et de medecine. Responsable de l’unite de recherche sur la neurobiologie de l’anxiete et de la peur du Centre de neurosciences psychiatriques (CHUV, UNIL et EPFL). Nicole Chuard © UNIL

Les deux parties de l’amygdale

Reprenons le cours de notre randonnee qui s’averait paisible jusqu’au moment ou nous avons rencontre le serpent. Nos sens – en l’occurrence nos yeux qui ont vu le reptile et nos oreilles qui ont detecte un bruissement suspect dans les feuilles – envoient des signaux a l’amygdale. La partie centrale de cette structure, «qui est la plus ancienne du point de vue de l’evolution, s’active. Elle envoie alors des projections neuronales vers le tronc cerebral dans lequel sont situes differents noyaux qui activent des reactions physiologiques», explique le chercheur de l’UNIL. C’est pour cette raison que, sous l’influence du systeme nerveux parasympathique, notre respiration s’arrete, nos battements cardiaques ralentissent, notre systeme gastro-intestinal est affecte, etc. Nous restons tetanises devant le danger potentiel.

Puis notre cortex intervient. Il analyse la situation et, si elle est vraiment menacante, il nous incite a reagir en fuyant ou en affrontant le danger. La deuxieme partie de l’amygdale – dite basolaterale – entre alors en jeu. Elle inhibe nos premieres reactions physiologiques. Le systeme nerveux sympathique prend alors le relais et accelere notre rythme cardiaque et notre souffle, afin que nous puissions faire face a la situation. C’est lui aussi qui rend nos mains moites, ce qui nous permet de nous saisir plus facilement d’un baton pour nous defendre. En effet, «de la meme maniere que l’on se mouille les doigts pour tourner les pages d’un livre, l’humidite des mains diminue les frottements avec l’objet que l’on prend».

Amygdales. En rouge sur cette image, ces petites structures sont les centrales d’alerte de la peur. Elles se trouvent devant l’hippocampe, qui joue un role important dans les aspects emotionnels de la memoire.

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